Ce que cachent souvent les problématiques d’estime de soi, et comment y remédier.

Temps de lecture : 7 minutes

C’est quoi l’estime de soi ?

 

Bon je m’attaque un sujet lourd, je ferai sûrement d’autres articles sur le sujet.

Pour commencer, d’après les recherches, l’estime de soi est corrélé seulement à un critère qui est :
à quel point les gens se sentent bien, en général. Et.. c’est tout !

Du coup le critère est purement subjectif.
L’estime de soi c’est mesurer comment tu te sens à propos de toi-même. Voila bonne journée !

Il n’y a donc pas de vérité purement objective sur l’estime de soi. De ce fait, l’estime de soi est une variable complexe qui peut être saine ou malsaine selon ce qui est mesuré.

Je le dis d’entrée, souvent les personnes que j’accompagne et qui viennent avec des problématiques d’estime de soi, ont basé leur estime de soi sur des mesures toxiques. Et c’est là tout le soucis que je vais développer dans cet article.
Prêt ? Allons-y.

Tout d’abord les chercheurs ont découvert qu’il y avait 2 grands types d’estime de soi. L’une basée sur le fait d’être « soi-même » et authentique (je te renvois à mon article précédent sur le sujet d’être soi-même en cliquant ICI), et l’autre basé sur des normes externes, et comparatives.

D’après eux, l’une est « adaptée » (estime de soi saine) et l’autre « inadaptée » (estime de soi toxique). La différence entre les deux dépend de la source de l’estime de soi, si la source est interne ou externe.

estime de soi

La différence entre l’estime de soi saine et toxique.

L’estime de soi saine : sa source est interne et basée sur ce que tu ressens à propos des choses que tu peux contrôler dans ta vie. Comme ton intégrité personnelle, tes principes de vie et règles internes. C’est un travail qui passe donc par la connaissance et conscience de soi. Car si tu ne te connais pas et que tu n’as pas un minimum exploré ce que tu es en profondeur, il y a de fortes chances que tu te bases sur des mesures toxiques, car tes mesures internes sont trop floues.

L’estime de soi toxique : Sa source est externe et basée sur des choses incontrôlables dans ta vie. Comme l’appréciation des autres, les distinctions, combien ils t’aiment, le nombre de like sur ta nouvelle photo de profil etc. L’estime de soi toxique rend ton estime de soi très fragile. Car la moindre indication que tu n’es pas à la hauteur d’une mesure externe peut te faire vriller !

Par exemple si tu bases ton estime de toi sur combien les gens t’aiment, tant que les gens t’apprécient et te reconnaissent ça va tu le vis bien, mais le moindre scud ou froissement te fera directement te remettre en question dans ton estime (et bien plus).

La plupart des personnes que j’ai accompagné sur l’estime de soi étaient dans ce deuxième cas sans le savoir. Pourquoi ? Le problème est souvent dans la demande des gens.

Parce que l’estime de soi toxique survient lorsque l’on recherche l’estime de soi comme une fin en soi, plutôt que de la vivre comme étant une conséquence d’être okay et authentique avec qui on est.

La face cachée : ego, droit et mérite

Mais je vais aller encore plus loin et toucher directement la source fréquente du problème. La plupart des problématiques d’estime de soi sont une histoire d’ego démesuré et mal placé. Faut sacrément être préoccupé par sa gueule (au sens toxique du terme) pour faire de l’estime de soi un problème dans sa vie. Je suis assez cash mais c’est ce qui se joue la plupart du temps.

Je reprend mon exemple : Dans l’estime de soi toxique, tu bases ta mesure à l’extérieur sur combien les gens t’aiment, tu te jauges par rapport à ça. En creusant encore, souvent les gens commencent à parler d’être apprécié à leur juste valeur. Et c’est là où se cache le cœur du problème.
Un ego démesuré toxique, rempli de droit et de mérite.

Car lorsque tu penses que tu mérites d’être apprécié à ta juste valeur et de te sentir bien tout le temps, tout ce qui te fait te sentir le contraire n’est pas seulement un problème à résoudre, cela devient une attaque personnelle contre toi et dans ton estime.

Pour faire simple, tu penses que t’es tellement génial que tu devrais être apprécié par les autres. (J’y vais un peu cash mais c’est hyper fréquent de tomber là dessus). Ces personnes se cachant très souvent derrière des excuses de bienveillance pour justifier le fait qu’elles se sont senties attaquées, et que ce n’est pas elles le problème, mais les autres.

Mais si tu as une estime de toi toxique, cela fait de toi un stupide égoïste trop sensible avec un ego de princesse dans tes relations. C’est un manque de responsabilité de ce que tu vis et ressens.

Je le redis : le soucis dans l’estime de soi toxique, c’est que tu te sens trop bon/bonne et que tu vrilles intérieurement quand les mesures externes ne correspondent pas. Tu penses que tu devrais être à la hauteur d’un idéal de toi.

Pour illustrer à l’intérieur il se passe ça :

echelle estime de soi toxique

Tu remarqueras que sur cette échelle les gens qui pensent avoir une estime de soi basse, bah non.. elle est putain de fucking haute ! Sauf qu’elle est toxique car dérivée d’un sentiment délirant de droit. Tu crois que tu mérites de te sentir bien dans ta peau, quoi qu’il arrive à ce niveau.

Alors que faire pour passer d’une estime de soi toxique à une estime de soi saine ?

La réponse simple serait de te prendre pour tel que tu es et d’arrêter ton délire de princesse interne. Mais je vais pas m’arrêter là (bah ouais je fais un article faut bien que je détaille un peu).

D’où provient l’estime de soi toxique ?

On a vu plus tôt que ce qui amène une estime de soi toxique est une forte estime de soi d’un ego démesuré rempli de droit et de mérite couplé à des sources externes d’évaluation.

Cette estime de soi étant toxique, les personnes finissent souvent par en souffrir (ou alors si elles en souffrent pas, leurs relations affectives ne sont pas terribles et ce n’est jamais de leur faute). Alors d’où ça vient et qu’est ce qui fait que certaines personnes ont développé une estime de soi toxique et d’autre plus saine ?

Bon je ne vais rien t’apprendre si je te dis que tout viens de ce que tu as appris inconsciemment dans le passé en grandissant, les phrases qu’on a pu te dire, ce que tu as vu etc. Tout ça se passe inconsciemment, ton cerveau expérimente, juge, apprend, tire des conclusions et répète. Et il fait ça sans que l’on sache consciemment ce qu’il fout !

Donc si t’as une estime de soi saine ou toxique, c’est au p’tit bonheur la chance de ce que ton cerveau a apprit par le passé. D’où l’importance de développer la connaissance de soi et conscience de soi pour développer une estime de soi saine, et pas juste vivre tes apprentissages inconscients du passé au quotidien.

Faut prendre conscience qu’on grandit et vit dans une culture où on apprend que l’une des choses les plus importantes dans la vie est de se sentir bien dans sa peau. Qu’on nous dit qu’on est unique et spécifique pour aucune autre raison que notre individualité dans ce monde, et que si tu te sens mal dans ta peau pour une raison quelconque, c’est que quelque chose doit aller mal.

3 clés pour développer une estime de soi saine :

L’idée c’est de donner la priorité aux mesures internes (par exemple honnêteté, authenticité) par rapport aux mesures externes (à quel point ton nouveau manteau te rend magnifique). T’as le droit de le trouver magnifique, ce n’est pas ce que je dis, mais reconnaître et prendre conscience à quel jeu ton esprit joue permet de garder ce recul au quotidien sur les sources des mesures !

1. Reconnais et accepte ton estime de soi faible ou toxique pour le moment (si tu l’as) :

En gros arrête d’essayer de surcompenser ce que tu ne sais pas faire et les moments où tu te sens comme une merde, pas bien, triste, désespéré, pas reconnu, pas aimé.

Quand tu acceptes de ressentir tes sentiments et de te sentir comme une merde, c’est une façon de te prendre pour tel que tu es (bah oui parce que c’est ce que tu vis). Juste accepte de vivre ton expérience. Et selon ce que tu vis ensuite tu sauras s’il te manque des connaissances, des compétences etc.

Soit conscient de tes mesures ! 

2. Sois moins dure avec toi :

Arrête de prendre tout ce qui se passe (bon ou mauvais) personnellement. Pratique l’auto-compassion avec toi quand tu merdes.

Quand tu vois que tu commences à te traiter comme une merde, prend un moment de pause, un peu de recul. Demande-toi si c’est vraiment grave ce que tu vis et réalise ce que tu ne pouvais pas contrôler. Ensuite, traite-toi comme ton meilleur ami quand il merde et qu’il s’en veut. Arrête d’essayer d’être parfait, t’as le droit à l’erreur, autorise-toi ça.

3. Sois à l’aise avec ce que tu ne peux contrôler :

Avoir une bonne estime de soi ce n’est pas te sentir comme si tu contrôlais tout, que tu ne manquais de rien et que tout allait bien dans ta vie. C’est d’être à l’aise avec ce que tu ne peux contrôler, ce qui te manque et de ne pouvoir l’avoir.

Quelqu’un qui a une bonne estime de soi ne croit pas qu’il est génial dans tout, qu’il devrait être reconnu à sa juste valeur ou qu’il est le meilleur dans quelque chose (probablement une estime de soi toxique ça).

Les personnes ayant une bonne estime de soi saine sont à l’aise avec le fait qu’elles ne sont pas géniales en tout. Si je reprend mon exemple en somme ici c’est d’accepter ce que tu ne peux pas contrôler, tu ne peux pas faire en sorte d’être aimé, apprécié, reconnu par tout le monde, sois à l’aise avec ça.

Conclusion express

Et c’est vraiment tout ce qu’est l’estime de soi : Intégrer ce qu’on est avec tous ses défauts, ses conneries et ses merdes. Rester intègre à ses principes internes et savoir dire non aux injonctions externes qui ne te correspondent pas. Et le juste milieu c’est de comprendre quand se sentir bien dans sa peau est sain et quand se sentir bien dans sa peau est nocif ou destructeur.

Tu l’auras remarqué ça demande beaucoup de conscience de soi et de connaissance de soi, un état d’esprit particulier, et surtout beaucoup de responsabilité émotionnelle. C’est ce que je propose dans mon accompagnement évolution personnelle sur 5 mois (ça ne se fait pas en 2 min en y réfléchissant devant Netflix :D).

Si t’es intéressé par les recherches scientifiques que j’ai évoqué, c’est ici (en anglais) :

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21400859/

https://journals.sagepub.com/doi/10.1111/1529-1006.01431

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